Arrivée à Hokkaido, direction Shiretoko National Park

Hokkaido est l'ile la plus au nord du Japon. Voici sa carte avec les principales villes pour vous puissiez vous repérer :

 
 
Les zones en vertes sont les parcs nationaux. Ce post traitera uniquement de celui qui est au nord est de l'ile, le parc national de Shiretoko, avec son mont le plus haut à 1661m, le Rausu-dake.

Maintenant, revenons à la suite de nos péripéties.
 
Comme dit dans le post précédent, nous nous sommes couchés à 5h du matin. Ce fut difficile le lendemain de se lever… rebelote pour le réveil (faut pas que ça devienne une habitude !!).

On a donc préparé nos bardas pour partir sur les coups de midi afin de prendre les métros pour nous emmener au bus pour Oarai, destination pour prendre le ferry. Trois heures de bus plus tard, nous voici donc devant le ferry après une heure d’escale quelque part. Ah oui, nous étions arrivés à l’heure et un bus partait. Il faut dire que la ponctualité japonaise est tout bonnement incroyable. Ils sont d’une rigueur pour faire les choses, on a des choses à apprendre d’eux !

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


Nous sommes donc montés à bord du ferry, direction Tomakomai, ville côtière à Hokkaido. Ce dernier est parti à 18h30. Nous avons pris une classe économique, ce qui nous permettait de dormir dans une sorte de dortoir avec une trentaine de coucheuses au sol. Le personnel était d’une gentillesse exemplaire, et le voyage s’est déroulé sans encombre. Le ferry servait un buffet à volonté où la nourriture y est délicieuse pour le soir. Nous avons rencontré une équipe de basket de Tomakomai avec qui nous avons sympathisé. Ils revenaient d’un match contre une équipe de Tokyo et l’avaient remporté haut la main. Nous avons discuté avec leur entraineur, Kushiro, un mec d’une vingtaine d’années, très sympathique. Ce fut notre premier réel contact avec un japonais. Nous avons discuté jusqu’à trois heures du matin, armés de la tablette comme traducteur (plutôt efficace d’ailleurs !!). Le lendemain matin, après une bonne nuit de sommeil et un petit-déjeuner, Hokkaido n’était plus très loin. Nous avons discuté avec un autre japonais avec qui nous avons partagé un moment musical (découverte de C2C, Birdy Nam Nam …). Ce dernier allait faire le tour d’Hokkaido en moto avec des potes, trop propre ! Après un moment passé sur le pont du bateau, nous sommes allés manger un bout et nous arrivions déjà à quai. Il était 13h30.

Aussitôt sorti du bateau, le bus pour la ville suivante Sapporo attendait. Après 2h de bus, nous sommes arrivés. Ensuite, de Sapporo, nous avons pris un bus partant 20 minutes plus tard pour Asahikawa, où nous avions prévu de passer la nuit. 2h30 plus tard, nous voici à destination. En regardant sur Google Map, j’avais vu un camping dans le magnifique parc Towika de cette ville.

Et si un jour, vous avez l’intention de faire du camping là-bas, c’est faux. Il n’en existe pas, c’est une ânerie. Nous avons demandé la permission à un des gérants de la piscine municipale, il nous a montré un endroit où dormir, mais Pierre n’était pas chaud. Il ne le sentait pas. Dix minutes plus tard, les flics sont arrivés au pas de course, comme si on les avait avertis de notre présence. Dès qu’ils ont vu que nous n’avions rien déballé et que nous étions des étrangers, ils se sont confondus en excuse et nous ont laissé tranquille. Nous sommes donc retournés voir le gérant (Masaki Konno) et nous l’avons remercié pour l’aide qu’il avait essayé de nous apporter. Il n’en revenait pas que l’on ait vu les flics surtout qu’il nous avait dit qu’ils ne faisaient jamais de ronde dans le parc. Il se sentait responsable de notre situation. Avec Pierre, nous avions croisé un hôtel pour aller au parc, Masaki nous a donc accompagné jusqu’à celui-ci pour être sûr que l’on ne soit pas à la rue. Pas manqué, l’hôtel était blindé. Complètement estomaqué, il a appelé sa femme, sur le coup, avec Pierre on n’a pas trop compris. Il y avait une épicerie juste à côté, il nous a demandé d’acheter à boire pour que l’on puisse se désaltérer. Il a insisté pour payer et au moment de sortir de l’épicerie, un taxi nous attendait pour nous emmener chez lui… (Juste incroyable !!!) Arrivés devant sa maison, sa femme nous attendait, lui avait suivi le taxi en vélo (il a tout de même 70 ans). Il nous a invités à entrer alors qu’il payait le taxi, sa femme ne cessait de répéter « sugoï, sugoï » qui veut dire génial, merveilleux. Nous avons donc passé la soirée à discuter, à leur expliquer ce que l’on allait faire au Japon et bien évidemment, les traducteurs en ligne nous ont bien aidés. Masami, sa femme, nous a préparé à manger, et nous sommes allés nous coucher. Le lendemain matin, après avoir allégé nos sacs à dos pour laisser quelques affaires chez eux, nous avons petit-déjeuné copieusement. Ils étaient ravis de nous avoir hébergés et souhaitaient nous revoir dès notre retour sur Asahikawa. Sa femme nous a même emmenés à la gare pour que l’on puisse prendre le train pour Abashiri.

Le départ d’Abashiri était à 9h et nous sommes arrivés à Abashiri vers 14h par un train express. Ensuite, nous avons pris un train moins rapide qui nous a emmenés à Shari en une heure.
 








 
 
Enfin, un bus nous a transportés vers l’onsen d’Iwaobetsu, très réputé pour ses sources thermales, via la ville d’Utoro. Il restait encore quatre kilomètres de montée à marcher.
 










 
 
Arrivés sur les coups de 17h, l’hôtel était plein. Nous nous sommes rabattus sur un gite où l’on ne pouvait que dormir, situé juste à côté du début du sentier. Ce soir-là, alors que nous prenions notre bain dans l’onsen, un japonais nous a abordés.
 
 



 
 
 Il s’appelait Akira et avait déjà fait le tour de pas mal de villes en France. Il comprenait un peu le français du fait qu’il a beaucoup écouté la radio dans notre pays. On peut dire qu’il est lettré, il nous a étonné à réciter des poèmes de Camus et de Baudelaire ! Nous avons partagé notre repas avec lui et il nous a demandé de faire l’ascension du Rausu ensemble le lendemain. Nous avons bien évidemment accepté. Le lendemain matin, levés 4h pour objectif de partir à 5h. C’était la dernière limite pour Akira de partir puisqu’il nous a insisté sur le fait qu’il marchait lentement. Malheureusement, français que l’on est, nous ne sommes pas aussi ponctuels que les japonais… Akira est donc parti à 5h, et pensait qu’on allait le rattraper. C’était sans compter la demi-heure de retard et nos sacs de 15 kg respectifs. Nous avons fait l’ascension avec Pierre sans jamais rattraper Akira qui nous a mis un vent. Il redescendait la montagne alors qu’il nous restait trente minutes avant l’arrivée. Nous avons échangé nos coordonnées et continué notre montée. Nous avons mis 6h pour monter en faisant des pauses régulières. Les sacs étaient vraiment très lourds et il faut dire que ça montait sec. En France, quand on fait des chemins de randonnées, style le GR10 dans les Pyrénées, les chemins font des « S » pour faciliter la progression du dénivelé. Au Japon, ils ne connaissent pas, on emprunte les mêmes couloirs que la neige qui fond. Les photos sont édifiantes !!









































































Après nous être reposés en haut du sommet, nous sommes descendus en 4h30 - 5h. Nous étions exténués à la fin de la marche. J’ai calculé, j’ai perdu 2 kg sur la marche. Pierre, qui marche de manière régulière en France, a considéré la marche comme l’une des plus difficiles qu’il a entrepris (dû aussi au poids des sacs). Le pire, c’est que le soir, nous n’avions plus rien à manger et que le gite où l’on était ne proposait pas le couvert, et que l’hôtel d’à côté ne servait à manger qu’aux résidents et comme il était complet… Donc vous imaginez bien que le lendemain, on s’est rempli la panse comme il se doit mais la suite sera dans le prochain article.

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