Voilà, pour ce nouvel opus de ma vie, je vais te partager des expériences qui n'ont rien à voir avec la vie confortable que tu peux avoir dans nos sociétés modernes.
En effet, je t'emmène au début de la jungle amazonienne, la selva comme il l'appelle là-bas.
J'y étais parti comme vous l'aurez peut-être deviné pour prendre de l'ayahuasca, médecine millénaire des peuplades amazones.
Désormais, il est facile de s'en procurer sur place puisque c'est devenu un tourisme, mais ATTENTION, c'est une plante à considérer avec tout le respect qu'il se doit. En effet, de nombreux touristes qui n'ont pas respecté certains protocoles essentiels (nous y reviendrons juste après) ont pu trouver la mort.
Pour ma part, on a mis sur mon chemin un livre, Prendre soin de l'âme, écrit par Myriam Beaugendre. Il y est décrit un certain nombre d'expériences qu'ont pu vivre des personnes ayant pris de l'ayahuasca.
A la lecture de ce livre, avant même de voyager, des choses ont bougé en moi. J'étais redevenu célibataire depuis peu et cette rupture plus la lecture de ce livre ont mis ma vie en perspective. Il faut dire que j'avais déjà pris une fois la médecine à Buenos Aires. C'est comme si cela avait aidé le processus.
J'ai décidé à ce moment-là d'arrêter le travail dans lequel je venais d'être embauché deux mois auparavant pour me consacrer à Etre Pleinement. Vaste sujet...
Bref, par synchronicité, ce livre était venu à moi et j'ai entendu l'appel de la plante. Je décidais donc de partir pour le Pérou faire l'expérience durant 13 jours au fond de la jungle avec cette personne.
Voici un lien vers le livre : http://www.seuil.com/ouvrage/prendre-soin-de-l-ame-myriam-beaugendre/9782021334531
Plusieurs éléments ont écarté les différentes réticences que je pouvais avoir:
- Premièrement, c'est Jean-Michel, lors d'un stage de chamanisme qui m'a recommandé de lire ce livre. Cette personne en a pris beaucoup de fois dans sa vie et parlait avec sagesse et cœur.
- Deuxièmement, ce qui m'a rassuré, c'est le parcours de psychothérapeute de Myriam, qui pour moi, me paraît indispensable si l'on veut travailler sur soi profondément et de son approche qu'elle a avec la plante, j'y reviendrai.
- Le dernier point et pas des moindres est la présence d'une diète, déjà présente lors de la prise que j'avais faite en Argentine. En effet, sont prohibés la viande rouge, l'alcool, les drogues et le sexe les deux-trois semaines avant le stage. Elle a pour but de faire une purification préalable pour que la triptyque Corps - Esprit - Mental soit alignée.
Le jardin de Lola se situe à une trentaine de minutes de bus du centre touristique d'Iquitos et une vingtaine de minutes de marche par les sentiers.
Ici, chacun des participants a choisi son tambo, sorte de cabane en bois où nous passions une grande partie de la journée. Chacun avait le sien.
Il n'y a pas d'électricité et nous étions coupés du monde puisque les portables avaient été laissés à l'hôtel. En guise d'eau, nous avions une grande bassine remplie d'eau de pluie que l'on nous apportait gentiment à bras d'homme quand elle venait à manquer.
Côté nourriture, tout sans sel, sans exception et en plus de la diète originelle, nous n'avons mangé aucune viande, ni aucun poisson jusqu'à la fin du séjour.
Plusieurs plantes ont été diétées durant le stage. Avant chaque prise, l'intention que l'on pose en nous est très importante parce que les messages que l'on recevra seront autour de la demande.
Voici la liste des plantes diétées : tabac, coca, ajosacha.
La plupart des plantes était bue en fin de journée pour laisser les effets agir durant la soirée voire la nuit. Cela pouvait concerner les rêves, la tranquillité, sérénité, aider à percevoir des choses à comprendre...
Il y avait deux chamanes présents sur le site pendant notre séjour :
- Myriam qui était notre principale hôte, et qui chantait les icaros pendant les cérémonies.
- Don Jorge qui préparait la médecine pour chaque cérémonie et qui nous accompagnait lors de ces dernières.
Le protocole pour la prise d'ayahuasca était différent. Nous nous regroupions la veille de la cérémonie pour parler de l'intention avec laquelle nous voulions prendre la médecine. Cela nous servait à cerner plus clairement notre intention et à trouver les mots les plus justes.
Lors des cérémonies, nous nous retrouvions en cercle, chacun sur son tapis, alors qu'il faisait nuit dans le grand tambo central, la maloca. Et la cérémonie commençait.
Pourquoi prendre de l'ayahuasca, me demanderez-vous ?
J'ai la profonde conviction que nous sommes venus sur Terre avec une mission, apprendre qui nous sommes vraiment. Et en cela, l'ayahuasca est d'une aide précieuse, je reparlerai de mon expérience personnelle un peu plus loin.
Je ne vous donnerai pas de détails sur les vécus de chacun ou sur les miens. On touche de l'ordre de l'intime. Mais ce que je peux vous transmettre, c'est que la médecine interagit toujours de manière adéquate en fonction de ce que vous pouvez supporter.
Par exemple, lors de ma première prise, je n'ai rien senti alors que d'autres personnes sont parties en transe très rapidement.
Ce qu'il faut comprendre, c'est que cela touche au lâcher prise que nous avons dans la vie, au contrôle mental que nous avons sur les choses. Si vous êtes en confiance et vous vous sentez en confiance, votre lâcher prise sera total et les messages de la médecine seront plus profond puisque vous lui laisserez plus d'espace.
Cela, je l'ai compris avec du recul, car au fur et à mesure des cérémonies, je lui laissais un peu plus de place et je laissais le mental de plus en plus de côté.
Quelque part, cette perception touche un processus mental personnel et peut interagir de manière différente avec chacun. C'est difficile de généraliser les effets sur chacun, car tout dépend de son chemin personnel, de ses constructions mentales.
L'ayahuasca est une liane. Plusieurs types existent, nous, il me semble que c'est l'ayahuasca ciel qui a été utilisé lors du stage. Cette liane a pour particularité de s'entourer autour de troncs d'arbres pour au fil du temps serrer de plus en plus jusqu'à les rompre en deux.
La concoction se prépare durant 8 heures et la liane écrasée est mélangée avec la chakruna (feuilles).
Derrière, se dévoile une symbolique puissante. Cette plante permet de rompre les structures mentales, et en écrivant ces mots, je me rends compte qu'elle m'a permis de me rendre conscient de ma manière de construire ma perception, grâce à un certain contrôle mental mais lors de ma dernière cérémonie, cela a complètement volé en éclat où je n'étais plus maître de rien à certains moments.
La cérémonie dure en général 4 à 5 heures mais la transe peut durer jusqu'au lendemain matin, où l'on peut rester à être dans un état de conscience modifié. Le lendemain matin de la cérémonie, nous nous réunissions pour partager l'expérience vécue.
De plus, après le stage, la diète a continué pendant 2 semaines supplémentaires, où il nous avions les mêmes interdits qu'avant le stage.
Dans ces conditions, il n'y a pas de danger puisque le travail effectué était fait avec sagesse de la part des deux chamanes. Si les conditions sont aussi strictes, c'est pour que le travail de la plante puisse se faire sans entrave.
Il est donc absolument interdit de mélanger d'autres drogues car vous pourriez y risquer votre vie et si je mentionne ce fait, c'est qu'il existe des tours à Iquitos, où il est possible de prendre de l'ayahuasca une fois, comme une sorte de défonce, sans aucun respect pour la médecine, et que le soir même, on vous ramène à votre hôtel. Vous voyez bien la différence de cadre...
J'espère avoir été assez clair au sujet de cette expérience.
Quant à Iquitos, mis à part son marché artisanal où l'on peut trouver de très beaux objets, c'est une jungle humaine dans la jungle amazonienne. Le touk-touk y est roi ainsi que les bruits des klaxons.
La partie de la vieille ville est de type coloniale avec des bâtiments que l'on retrouvera comme dans la ville d'Arequipa, mais il y en a très peu, et après une certaine pauvreté règne tout de même dans cette ville.
Je me suis aventuré dans les bas quartiers à côté du marché de Belen avec un ami, ça craignait un peu tout de même.
Peu de temps après la fin du stage, je suis parti en direction de Cusco par avion. Vous découvrirez la suite de mon voyage dans les prochains articles.
Voici un lien vers le site de Myriam pour plus d'informations: https://www.myriambeaugendre.com/
Voici quelques photos d'Iquitos. Je n'avais pas mon appareil photo avec moi lors du stage, il faudra donc attendre pour voir le Jardin de Lola.
Sur la place d'armes, le dimanche, la veille de commencer le stage. Nous pouvons voir une procession militaire, procession présente dans toutes les grandes villes du pays et ce, de manière hebdomadaire
L'après-midi au marché de Belén. Vous n'avez que l'image sans l'odeur...
Maison de style colonial
Les dessous de la ville
Le ceviche local... un régal !










Bonjour,
RépondreSupprimerJe vais teposer une question indiscrete: combien as tu payer ce stage?