Opération Daisetsuzan, la grande traversée et fin du voyage au Japon


Réputé comme traversée difficile, nous sommes partis avec Pierre avec toutes les informations meilleures à toutes celles déjà vues auparavant. En effet, des temps estimés sont notés pour chaque section, on peut donc se faire facilement une idée de la difficulté de la portion.

Donc le premier soir, nous nous sommes arrêtés au village d’Asahidake Onsen où nous avons dormi sous les tentes en présence d’une quantité impressionnante de moustiques (vive la moustiquaire). Malgré cela, le lendemain matin s’étant fait bouffé tout le soir, les démangeaisons étaient présentes. Nous avons fait la rencontre d’un français, Pierre-Yves, professeur d’économie à l’université de Nantes. Il nous racontait son périple japonais qui commençait à Kyoto, ensuite passait par les alpes japonaises, puis par le mont Fuji pour terminer au Daisetsuzan. Son périple touchant à sa fin, il retournait vers Kyoto avant de prendre son avion.

Le lendemain, départ tôt, pour prendre le téléphérique de la ville afin de nous emmener au départ de la randonnée. Première étape de la journée, l’Asahidake, mont le plus haut d’Hokkaido, culminant à 2291 mètres. Après 3 heures de montée, et un repas bien mérité, nous avons continué pour arriver à notre premier refuge en fin de journée sur les coups de 17 heures. Nous avons passé quelques monts mais malheureusement le temps était au brouillard et/ou à la pluie, donc la visibilité n’était pas top. J’ai failli me faire une entorse à la cheville droite à la fin de cette première journée car la nuit approchant, nous avons dû accélérer le pas. Heureusement, les chaussures montantes ont fait leur boulot, le tout accompagné d’un bon massage de cheville tous les soirs avec le baume du pèlerin, je ne sentais plus rien au bout du troisième jour.



































































Le deuxième jour, nous sommes partis pour rejoindre le second gîte de la ballade et une journée d’une quinzaine de kilomètres nous attendait. En route, nous avons rencontré un canadien qui répondait au nom de Doug (pour Douglas), un grand gaillard qui dépassait les deux mètres. Nous avons passé toute la journée avec lui à discuter et à marcher ensemble. Nous sommes arrivés au gite de montagne avant 15h. Le rythme était soutenu et la pluie a été de la partie toute la journée. A partir de cette journée, je n'utilisais plus mon appareil photo parce qu'il avait pris un peu trop l'eau.

Le troisième jour devait être le plus long et difficile de la traversée. Dix-sept kilomètres dans les montagnes avec le plus fort dénivelé des quatre jours. Pour la première fois depuis le départ, le beau temps était avec nous… enfin, il ne pleuvait pas et quelques bribes de soleil apparaissaient. Etant parti à 6h30 du campement, c’est horaire peut être considéré comme tardif si l’on entrevoit les douze heures de marche qui nous attendent. Il fallait donc pressé le pas pour rattraper un peu de retard sur l’horaire afin de ne pas arriver la nuit. Ce fut chose faite sauf qu’au bout d’un moment, je devins plus lent que le reste de la troupe. Après l’ascension d’un mont assez vertigineux tout en pierrée (je doute de l’orthographe), amoncellement de blocs de pierre très volumineux, Doug nous avait mis un vent magistral. Pour ne rien arranger, nous nous sommes trompés de chemin à un moment ce qui nous a fait faire un détour. Arrivés au premier campement de la journée, il fallait prendre une décision : soit continuer vers le deuxième campement qui était à une dizaine d’heures, soit je redescendais au village le plus proche et laissait Pierre continuer seul la suite de la traversée. C’est alors que Doug arriva par un autre chemin que nous avions emprunté (nous avions pris un raccourci) et qu’il décida pour lui de rester à ce campement là pour la journée parce qu’il lui semblait difficile d’aller jusqu’à l’autre. Nous avons décidé de faire de même. J’ai oublié de dire que nous étions dans un parc où bon nombre d’ours trouvaient leur habitat. Ces derniers ont pour l’habitude de sortir à l’aube et au crépuscule, il fallait faire donc très attention à ces horaires. Pour exemple, la première journée, nous avons croisé la route d’un renard qui est passé à une dizaine de mètres sans nous prêter attention. Revenons-en à notre histoire. Le campement était situé dans une vallée et les nuages semblaient être poussés par des vents contraires ce qui nous a permis de profiter du soleil quelques heures, heures que l’on a mis à profit pour faire sécher nos affaires comme la tente toujours humide après sa première utilisation. Alors que le mauvais temps commençant à pointer son nez, un japonais nous a rejoint à notre campement. Il descendait le lendemain à la ville la plus proche située à quatre heures de notre emplacement. Son nom était Hori.







En début de soirée, nous nous sommes réfugiés chacun dans sa tente avant d’essuyer la première tempête de ma vie en montagne. Des bourrasques de vent, un truc de fou, de la pluie super forte et parfois même de la grêle, vous imaginez bien que je n’étais pas rassuré. On devait se lever le lendemain à 3h du matin afin qu’on ait le temps de boucler l’étape que l’on s’était fixé, mais le réveil sonna le gong à 4h15. On avait déjà une heure et quart dans la vue. La pluie et le vent ravageaient la vallée, ce n’était pas possible que l’on marche sous ces conditions sachant que l’on avait une journée de 12h de marche. On a préféré reporter le départ pour voir l’évolution du temps. Ce dernier ne changeait pas alors que les heures s’égrainaient. C’est alors que j’ai pris la décision de descendre avec Hori au village proche afin de prendre un train pour Asahikawa. Je n’étais pas venu au Japon pour me tuer en montagne. Pierre décida de me suivre, Doug préférant rester une journée de plus au campement pour continuer la traversée le lendemain. Après 4h de traversée dont les deux premières ont été particulièrement difficile à cause du temps, des sentiers remplis de boue, nous sommes enfin arrivés à la voiture d’Hori. Normalement, il devait retourner dans sa famille à Sapporo mais il a répondu à notre requête et nous a ramenés jusqu’à Asahikawa. Cela lui a fait un détour énorme. Vous imaginez bien qu’on l’a remercié chaleureusement autour de notre premier bol de ramen, spécialité de la ville dans laquelle nous nous trouvions. Il nous a ramené jusqu’à notre famille d’accueil et il est resté manger avec nous le soir, Masaki ne lui ayant pas trop laissé le choix.

Pour différentes raisons que je n’évoquerai pas ici, nous avons décidé avec Pierre de nous séparer à la fin de notre périple sur Hokkaido. Il nous restait donc moins d’une petite semaine à rester ensemble, le temps que le typhon s’en aille, le temps de se reposer de notre précédente excursion, le temps d'aller chez le coiffeur (quelle expérience !!),  le temps de profiter de la famille Kanno, si gentille avec nous. Nous sommes donc retournés avec Masaki faire du golf, nous avons également profité de la fête de leur quartier, fête où les japonais se regroupent par rue, construisent un char pour le faire déambuler dans le parc du quartier et se confectionnent des vêtements à leurs couleurs. Au rythme des tambours, tout le monde danse la même chose déguisé, c’est très folklorique et vraiment sympathique.



Le lendemain, nous sommes partis pour Sapporo en attendant de prendre notre ferry le surlendemain. Nous avons dormi dans un capsule hotel une nouvelle fois, visité la ville et fais un billard dans une salle de jeux typiquement japonaise. Trop fun !!

Le lendemain, arrivé un peu tard au ferry que nous avons raté, nous avons décidé de rester sur Otaru et de prendre une auberge de jeunesse. C’est une des premières qui s’est ouverte au Japon et elle est super bien ! The Otarunai Backpackers' Hostel Morinoki. Je le recommande chaleureusement. Il y a une collection de manga monstrueuse, le propriétaire est super sympa et on a fait la rencontre de plein de personnes. On a refait de la cuisine française qui a ravi tout le monde, spécialement un français (Victor) qui venait d’arriver à l’auberge et qui avait passé trois mois à l’étranger sans faire un seul repas français.



Je m’en allais seul le lendemain soir après le diner français pour prendre le ferry direction Maizuru, pour ensuite prendre un bus qui m’a emmené directement à Osaka, d’où allait décoller mon avion.

Après 24h de voyage, j’ai trouvé un capsule hôtel pas très loin du terminal de bus et je suis allé prendre un verre dans un bar où un hispanique m’avait indiqué l’hôtel. Là, j’ai passé la soirée avec Marc, un londonien, Kate la serveuse qui venait du Masachussets, une australienne dont je ne me souviens pas le nom ainsi que son ami coréen (la même). Ce fut la dernière soirée au Japon qui me donnait sans le savoir un avant-goût de ce qu’allait être l’Argentine après cela dit 33h d’avion.

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